Voila comment ma mise en scène est déterminée par les éléments de l’espace que j ai repérés et choisis.

PAYSAGE : “Dans Conte d’automne, j’ai utilisé un muret, un petit mur de pierre ou de ciment: les personnages sont souvent assis sur des murets, devant une petite dénivellation de terrain. Cet élément m’a énormément servi pour construire la mise en scène. Le film est construit sur des petits lieux isolés les uns des autres, de petites cellules. Il y a le mur comme rempart et le muret comme terrassement. De sorte que le monde est toujours vu au-delà de quelque chose. La mise en scène doit toujours reposer sur des éléments qui vous inspirent, sachant qu’il y a à prendre et à laisser dans chaque région. Dans La Collectionneuse, c’était l’idée de la crique et celle de la transparence de l’eau. Dans Le Genou de Claire, il y a l’idée du cirque et de la montagne, sur laquelle mes personnages dissertent  car mes personnages ont très souvent conscience du paysage. Pauline à la plage, c’est le sable nu et l’horizon de la mer, un univers extrêmement dépouillé. L’ami de mon amie, c’est la circularité de l’architecture des villes nouvelles. Conte d’été, c’est le chemin de ronde, un endroit fermé du cote de la terre qui s’ouvre du côté de la mer. Voila comment ma mise en scène est déterminée par les éléments de l’espace que j’ai repérés et choisis.”

Eric Rohmer cité dans Les Inrockuptibles, n° 738, 20-26 janvier 2010